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Agronomie / Environnement

  • Le groupe « herbe », une priorité : l’autonomie alimentaire

    L’autonomie alimentaire des élevages du territoire, est un axe de travail prioritaire du projet porté par les membres de SITADEL.

    Début 2010, à l’occasion d’une formation sur le projet de l’association, les administrateurs de SITADEL ont choisi de travailler sur un sujet fédérateur pour les fermes du territoire, à savoir la valorisation de l’herbe (au vu du poids des surfaces fourragères et notamment des prairies dans les systèmes d’élevage du territoire).

    Pour cela, ils ont organisé un déplacement au salon de l’herbe à Villefranche d’Allier en juin 2010.
    Les agriculteurs ayant participé à la journée au salon de l’herbe se sont ensuite réunis pour évaluer cette journée et décider des suites à donner.
    Au fil des réunions, ce collectif d’agriculteurs, dit groupe « herbe », s’est positionné en faveur de l’amélioration de la connaissance et de la gestion des prairies permanentes.
    En effet, ces prairies ont été moins entretenues ces dernières années, par rapport aux prairies temporaires. Dans un contexte de changement climatique, avec une succession de printemps et/ou été secs, et une pression toujours croissante sur la disponibilité du foncier agricole, les agriculteurs ont besoin de mieux connaître leurs prairies pour mieux les entretenir et les valoriser, et ainsi sécuriser leur production herbagère. Ces prairies doivent retrouver toute leur place dans la gestion du système fourrager de l’exploitation.

    L’année suivante, SITADEL, à travers son groupe « herbe », a donc conduit un état des lieux des prairies permanentes avec l’appui technique et méthodologique du Suaci Alpes du Nord.
    Douze exploitations, représentatives des différents systèmes d’élevage du territoire (bovins lait, bovins allaitant, ovins), ont constitué l’échantillon. 67 prairies ont été diagnostiquées, et 16 types de végétation ont été identifiés.

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    Plateforme fourragère Prébois

    Les agriculteurs ont aussi souhaité implanter une plate forme fourragère sur la commune de Prébois (à base de variétés utilisées localement), en partenariat avec la coopérative Dauphinoise. Cette parcelle a pour objectif d’évaluer l’amélioration de l’autonomie fourragère (rendement) et protéique, et d’observer la résistance de certaines espèces à l’aléa sécheresse.

    En 2012 et 2013, en plus du suivi de la plate forme fourragère de Prébois et des visites de parcelles de prairies permanentes, la réflexion a été élargie au risque de pullulation du campagnol terrestre et aux dégâts causés par cette espèce sur les prairies (notamment sur la frange nord ouest du territoire, côté Trièves).

    Les membres de SITADEL veulent privilégier l’échange et les rencontres entre éleveurs pour diffuser plus largement les connaissances et expériences acquises jusque là, et ainsi développer une « culture commune » autour de la gestion des prairies dans le territoire.
    Ils souhaitent le maintien, la diffusion et la mise en œuvre de pratiques visant à se prémunir de tout risque de diminution de la quantité et de la qualité de la ressource fourragère (causé par un aléa : sécheresse, ou un ravageur : campagnol).
    En parallèle, ils veulent aussi élargir la réflexion à la complémentarité entre les systèmes et souhaiteraient que les ressources produites localement servent en priorité aux éleveurs qui en manquent dans le territoire (foin, céréales, paille).

    En décembre 2013, SITADEL a reçu un avis favorable et le soutien de la Région Rhône Alpes pour son projet « Vers des systèmes plus autonomes et durables dans le Sud Isère ».
    Ce projet vise à sécuriser et accroître l’autonomie alimentaire des élevages du Sud Isère, grâce :

    • à la diffusion, l’appropriation et l’échange entre les éleveurs du territoire autour de références, connaissances, expériences et pratiques relatives à la gestion des prairies,
    • et aux échanges de matières premières entre systèmes de production complémentaires.

    Trois actions principales ont été retenues par la Région dans ce projet :

    • améliorer la conduite des prairies permanentes ;
    • améliorer la quantité et la qualité du fourrage issu des prairies temporaires, sur la durée ;
    • favoriser les échanges locaux de matières premières entre systèmes de production complémentaires.

    Pour mettre en œuvre ces actions, durant les deux prochaines années (2014, 2015), SITADEL pourra s’appuyer sur la Chambre d’agriculture, le Suaci Alpes, le CIEL et la coopérative La Dauphinoise.

    Plateforme fourragère Prébois Visite plateforme fourragère Prébois Visite plate-forme fourragère, Prébois, 19 mai 2014

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  • MAET Matheysine et MAET Trièves

    Mesures agro environnementales territorialisées (MAET) de la Matheysine

    En 2012, les agriculteurs de la Matheysine ont pu contractualiser des mesures agro-environnementales sur leurs prairies (retard de fauche, diminution de la fertilisation).
    De 2012 à 2014, ces mesures on été financées par le Conseil général de l’Isère et l’Europe, via le FEADER.
    Le projet de MAET sur ce secteur avait été élaboré conjointement par SITADEL et la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) à partir de 2008, en concertation avec les agriculteurs du plateau matheysin.

    Mesures agro environnementales territorialisées (MAET) du Trièves

    En 2012, le Conseil général a souhaité construire un projet de mesures agro environnementales territorialisées dans le Trièves.
    SITADEL, aux côtés d’autres partenaires (Chambre d’agriculture, FRAPNA, LPO), a été associée à l’élaboration de ce projet. Les membres de SITADEL participant au comité de pilotage du projet ont rappelé et précisé les enjeux agricoles du Trièves, puis ont pris part au choix des futures mesures à contractualiser et au contenu du cahier des charges associé à ces mesures.
    Au total, 30 exploitations agricoles du Trièves ont signé un contrat MAET en 2013, pour une surface totale engagée de 394,5 ha (dont 308, 45 pour la mesure "prairies fleuries" et 86,05 ha pour la mesure "gestion extensive des prairies").

  • Co-compostage en Matheysine

    Animation et coordination des partenaires (collectivité, Chambre d’Agriculture et l’entreprise GROS Environnement).

    9 fermes impliquées, 2850 tonnes de broyât végétal livrées depuis 2008

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  • Gestion de la ressource en eau

    Dans un contexte de changement climatique où les sécheresses sont de plus en plus fréquentes, les agriculteurs et les gestionnaires de milieux aquatiques s’interrogent sur la disponibilité de la ressource en eau pour couvrir les besoins en eau des cultures et des animaux.
    En 2013, SITADEL a conduit une étude quantitative sur les besoins en eau actuels et futurs pour l’agriculture du Sud Isère, avec l’appui de Florian Chapelin, étudiant en master Eau, spécialité « Eau et agriculture » à l’Université de Montpellier 2, dans le cadre de son stage de fin d’études.
    Cette étude a été conduite en partenariat avec la Commission Locale de l’Eau Drac Romanche. Elle a reçu le soutien financier de EDF (appel à projet EDF / CLE Drac Romanche) et de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse.

    Rappel des objectifs de l’étude :

    • Caractériser les besoins en eau des différents systèmes d’exploitations du secteur d’étude.
    • Identifier la ressource en eau disponible.
    • Établir un bilan entre le besoin en eau pour l’agriculture et la ressource en eau disponible.
    • Proposer des pistes de solutions pour répondre aux différents enjeux.

    Principaux résultats :
    120 réponses obtenues aux 309 questionnaires envoyés (soit un taux de retour de 39%, après relance téléphonique).
    Après analyse des réponses au questionnaire et extrapolation, les besoins actuels en eau pour l’agriculture du Sud Isère s’élèvent à plus d’un million de mètres cubes (60 % pour l’élevage et 40 % pour les cultures) :

    • 640 000 m3, dont 416 000 m3 sur le réseau d’eau potable (65 %), sont dédiés à l’élevage, soit pour l’abreuvage des animaux, soit pour le nettoyage dans une moindre mesure (exemple : salle de traite).
    • 434 000 m3 sont prélevés pour les cultures, directement sur les cours d’eau ou via les réseaux d’irrigation. Les prairies et le maïs sont les principales cultures irriguées, ainsi que quelques parcelles de maraîchage. L’alimentation en eau de près d’un tiers des exploitations agricoles du territoire dépend exclusivement du réseau d’eau potable. Il ne devrait pas y avoir d’évolution majeure de la consommation d’eau par l’agriculture dans le Sud Isère à moyen terme (+ 8 100 m3 d’ici 10 ans). Ces résultats sont relatifs car certaines données n’étaient pas connues au moment de l’analyse : nombre d’animaux présents et prélèvements en eau (volume, type de prélèvement) sur chaque alpage, et prélèvements des ASA.

    Préconisations :

    Améliorer la connaissance :

    • Des prélèvements agricoles sur le réseau d’eau potable via le rôle des eaux de chaque commune.
    • En associant la CLE à la procédure mandataire dans le cadre des nouvelles autorisations de prélèvements.

    Mise en place d’un tarif spécifique à l’agriculture :

    • En aménageant un prix de l’eau « spécial agriculture » au niveau communal.
    • En supprimant la redevance assainissement sur les prélèvements agricoles.

    Nota Bene : Ces deux propositions sont possibles seulement si l’exploitation agricole possède son propre compteur.

    Surveillance de certains cours d’eau :

    • Une surveillance de la Vanne, du ruisseau d’Orbannes, et de l’amont de l’Ebron, en particulier le ruisseau de Bourgeneuf, est nécessaire.
    • Une surveillance de la Sézia et du ruisseau de la Salle est nécessaire. Ces cours d’eau pourraient être fragilisés par de nouveaux prélèvements.

    Surveillance des prélèvements :

    • Poursuivre le suivi des tours d’eau pour les prélèvements existants.
    • Interdire ou limiter tout nouveau prélèvement (tous usages confondus) sur les cours d’eau mis en surveillance.

    Recherche de nouvelles sources :

    • Des sources non utilisées pourraient être mises en service.
    • Mise en place de dispositifs de stockage d’eau (citerne, retenue collinaire).
    • Pompage dans la retenue de Monteynard.

    Sécuriser les réseaux d’irrigation :

    • Mutualiser des moyens pour gérer le patrimoine.
    • Les structures, gérantes des réseaux, pourraient solliciter un appui technique et administratif auprès de partenaires (Chambre d’agriculture de l’Isère, CLE Drac Romanche...).
    • Vérifier l’impact de la redevance prélèvement avec les gestionnaires de réseaux d’irrigation concernés et l’Agence de l’Eau.