Accueil > Actions > Agronomie / Environnement > Gestion de la ressource en eau

Gestion de la ressource en eau

Dans un contexte de changement climatique où les sécheresses sont de plus en plus fréquentes, les agriculteurs et les gestionnaires de milieux aquatiques s’interrogent sur la disponibilité de la ressource en eau pour couvrir les besoins en eau des cultures et des animaux.
En 2013, SITADEL a conduit une étude quantitative sur les besoins en eau actuels et futurs pour l’agriculture du Sud Isère, avec l’appui de Florian Chapelin, étudiant en master Eau, spécialité « Eau et agriculture » à l’Université de Montpellier 2, dans le cadre de son stage de fin d’études.
Cette étude a été conduite en partenariat avec la Commission Locale de l’Eau Drac Romanche. Elle a reçu le soutien financier de EDF (appel à projet EDF / CLE Drac Romanche) et de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse.

Rappel des objectifs de l’étude :

  • Caractériser les besoins en eau des différents systèmes d’exploitations du secteur d’étude.
  • Identifier la ressource en eau disponible.
  • Établir un bilan entre le besoin en eau pour l’agriculture et la ressource en eau disponible.
  • Proposer des pistes de solutions pour répondre aux différents enjeux.

Principaux résultats :
120 réponses obtenues aux 309 questionnaires envoyés (soit un taux de retour de 39%, après relance téléphonique).
Après analyse des réponses au questionnaire et extrapolation, les besoins actuels en eau pour l’agriculture du Sud Isère s’élèvent à plus d’un million de mètres cubes (60 % pour l’élevage et 40 % pour les cultures) :

  • 640 000 m3, dont 416 000 m3 sur le réseau d’eau potable (65 %), sont dédiés à l’élevage, soit pour l’abreuvage des animaux, soit pour le nettoyage dans une moindre mesure (exemple : salle de traite).
  • 434 000 m3 sont prélevés pour les cultures, directement sur les cours d’eau ou via les réseaux d’irrigation. Les prairies et le maïs sont les principales cultures irriguées, ainsi que quelques parcelles de maraîchage. L’alimentation en eau de près d’un tiers des exploitations agricoles du territoire dépend exclusivement du réseau d’eau potable. Il ne devrait pas y avoir d’évolution majeure de la consommation d’eau par l’agriculture dans le Sud Isère à moyen terme (+ 8 100 m3 d’ici 10 ans). Ces résultats sont relatifs car certaines données n’étaient pas connues au moment de l’analyse : nombre d’animaux présents et prélèvements en eau (volume, type de prélèvement) sur chaque alpage, et prélèvements des ASA.

Préconisations :

Améliorer la connaissance :

  • Des prélèvements agricoles sur le réseau d’eau potable via le rôle des eaux de chaque commune.
  • En associant la CLE à la procédure mandataire dans le cadre des nouvelles autorisations de prélèvements.

Mise en place d’un tarif spécifique à l’agriculture :

  • En aménageant un prix de l’eau « spécial agriculture » au niveau communal.
  • En supprimant la redevance assainissement sur les prélèvements agricoles.

Nota Bene : Ces deux propositions sont possibles seulement si l’exploitation agricole possède son propre compteur.

Surveillance de certains cours d’eau :

  • Une surveillance de la Vanne, du ruisseau d’Orbannes, et de l’amont de l’Ebron, en particulier le ruisseau de Bourgeneuf, est nécessaire.
  • Une surveillance de la Sézia et du ruisseau de la Salle est nécessaire. Ces cours d’eau pourraient être fragilisés par de nouveaux prélèvements.

Surveillance des prélèvements :

  • Poursuivre le suivi des tours d’eau pour les prélèvements existants.
  • Interdire ou limiter tout nouveau prélèvement (tous usages confondus) sur les cours d’eau mis en surveillance.

Recherche de nouvelles sources :

  • Des sources non utilisées pourraient être mises en service.
  • Mise en place de dispositifs de stockage d’eau (citerne, retenue collinaire).
  • Pompage dans la retenue de Monteynard.

Sécuriser les réseaux d’irrigation :

  • Mutualiser des moyens pour gérer le patrimoine.
  • Les structures, gérantes des réseaux, pourraient solliciter un appui technique et administratif auprès de partenaires (Chambre d’agriculture de l’Isère, CLE Drac Romanche...).
  • Vérifier l’impact de la redevance prélèvement avec les gestionnaires de réseaux d’irrigation concernés et l’Agence de l’Eau.